Au confluent du Rhône et de la Galaure, où les eaux tumultueuses du grand fleuve rencontrent la rivière drômoise, se dresse depuis près de mille ans une silhouette de pierre dont l’histoire épouse celle des grandes familles du Dauphiné. Le château de Saint-Vallier, indissociable de la figure de Diane de Poitiers, incarne bien plus qu’une simple demeure seigneuriale. Ses tours arasées témoignent d’un drame royal, ses jardins à la française célèbrent l’art des paysagistes du Grand Siècle, et ses murs gardent la mémoire d’une famille, les La Croix de Chevrières, qui depuis 1584 perpétue un patrimoine exceptionnel. Découvrons ensemble cette sentinelle de pierre qui, du haut de la ville de Saint-Vallier, veille sur la vallée du Rhône depuis le XIIe siècle.
En Résumé
Le château de Saint-Vallier, édifice emblématique de la Drôme du Nord, trouve ses origines au XIIe siècle lorsque le comte d’Albon fait ériger une forteresse défensive hors des remparts de la cité. Acquis par la famille de Poitiers en 1276, reconstruit au XVe siècle, il devient le berceau probable de Diane de Poitiers (1500-1566), favorite d’Henri II et figure majeure de la Renaissance française. L’histoire du château bascule en 1523 lorsque Jean de Poitiers, père de Diane, est impliqué dans la trahison du connétable de Bourbon contre François Ier. Condamné à mort puis gracié sur l’échafaud, il voit les tours de son château arasées au niveau des toitures en signe de déchéance. En 1584, la propriété passe à la famille La Croix de Chevrières qui la possède encore aujourd’hui, assurant une continuité patrimoniale exceptionnelle de plus de quatre siècles. Les jardins à la française, attribués à l’école d’André Le Nôtre, et le classement aux Monuments Historiques en 1944 témoignent de la richesse architecturale et paysagère de cet ensemble remarquable.




🏰 Aux Origines : La Forteresse des Dauphins
La Fondation Médiévale (XIIe siècle)
Les premières pierres du château de Saint-Vallier sont posées entre 1060 et 1090 par le comte d’Albon, fondateur du Dauphiné. Dans un contexte de morcellement féodal, cette forteresse répond à un impératif stratégique précis : contrôler le passage du Rhône et protéger le Dauphiné des incursions venues de l’ouest. Le fleuve constitue alors une frontière naturelle et politique entre terres delphinales et territoires relevant du Saint-Empire romain germanique.
L’édifice primitif adopte un plan carré, flanqué de tours d’angle, selon l’architecture militaire de l’époque. Sa position, légèrement surélevée par rapport au confluent de la Galaure, lui assure une visibilité stratégique exceptionnelle sur la vallée du Rhône. La forteresse abrite une garnison permanente, veille sur la navigation fluviale et perçoit les droits de passage qui enrichissent progressivement ses seigneurs.
Cette période fondatrice s’inscrit dans le grand mouvement d’affirmation territoriale des comtes d’Albon, qui édifient méthodiquement leur principauté delphinale. En 1349, lors du Transport du Dauphiné au royaume de France, Saint-Vallier fait partie intégrante des terres cédées à la couronne, marquant l’entrée de la cité et de son château dans l’orbite directe du pouvoir royal français.
L’Acquisition par les Poitiers (1276)
En 1276, le château change de mains et devient propriété de la puissante famille de Poitiers-Valentinois. Cette acquisition s’inscrit dans la stratégie matrimoniale et territoriale d’une lignée qui cumule déjà les comtés de Valentinois et de Diois, la seigneurie de Crest et d’autres places fortes dauphinoises. Les Poitiers, dont l’origine remonterait au castrum de Peytieux près de Nyons, ont progressivement étendu leur influence dans toute la vallée du Rhône.
Le mariage d’Aymar IV de Poitiers avec Hippolyte de Bourgogne, dame de Saint-Vallier, en 1270, scelle le destin de la forteresse pour plus de trois siècles. Les Poitiers en font l’une de leurs résidences principales, la dotent de chapelle funéraire et y accumulent les marques de leur puissance. L’église Saint-Valéry de Saint-Vallier conserve d’ailleurs la chapelle des Poitiers, nécropole familiale où reposent le grand-père, le père et le frère de Diane de Poitiers, ainsi que Marie de Valois, fille naturelle de Louis XI et épouse d’Aymar VI de Poitiers.
La Reconstruction du XVe Siècle
Au XVe siècle, la forteresse médiévale fait peau neuve. Les Poitiers entreprennent une reconstruction ambitieuse qui transforme l’austère place forte en résidence seigneuriale digne du raffinement de l’époque. Tout en conservant le plan carré et les quatre tours d’angle, indispensables à la défense, les architectes introduisent des éléments de confort et d’apparat : cheminées monumentales, plafonds à la française, fenêtres à meneaux qui laissent entrer généreusement la lumière.
C’est dans ce château rénové, à la croisée du Moyen Âge finissant et de la Renaissance naissante, que naît probablement Diane de Poitiers le 9 janvier 1500 (date la plus communément admise par les historiens). Le débat sur son lieu de naissance exact — Saint-Vallier ou Étoile-sur-Rhône, autre possession familiale — n’enlève rien à l’attachement profond de Diane pour la seigneurie de Saint-Vallier, dont elle portera le titre de comtesse tout au long de sa vie.
⚔️ 1523 : Le Drame de la Trahison et l’Arasement des Tours
Le Connétable de Bourbon et la Conjuration
L’année 1523 marque un tournant tragique dans l’histoire du château. Jean de Poitiers (vers 1475-1539), seigneur de Saint-Vallier, gouverneur de Provence et père de Diane, se trouve malgré lui entraîné dans l’une des plus graves affaires politiques du règne de François Ier : la trahison du connétable Charles III de Bourbon.
Le connétable de Bourbon, dernier grand seigneur féodal de France, possède un territoire quasi royal : duché de Bourbonnais, dauphiné d’Auvergne, comté de Montpensier, comté de Forez, comté de La Marche. Mais un différend successoral l’oppose à Louise de Savoie, mère de François Ier, qui revendique l’héritage de Suzanne de Bourbon, épouse décédée du connétable. Humilié par la procédure juridique engagée contre lui et dépossédé de ses terres le 7 octobre 1522, Bourbon entre secrètement en contact avec les ennemis du roi : l’empereur Charles Quint et le roi d’Angleterre Henri VIII.
La conjuration est dévoilée. Le 11 juillet 1523, Bourbon s’enfuit déguisé pour rejoindre les lansquenets allemands qu’il a secrètement recrutés dans le Dauphiné. Plusieurs de ses proches sont compromis, dont Jean de Poitiers qui, selon les témoignages, aurait été mis dans la confidence lors d’une rencontre au château de Saint-Vallier. Le connétable lui aurait confié : « Cousin, tu es aussi maltraité que moi; veux-tu jurer de ne rien dire de ce que je vais te confier ? » Jean de Poitiers prêta serment sur un reliquaire, scellant involontairement son destin.
L’Arrestation et la Condamnation
Jean de Poitiers est arrêté le 5 septembre 1522, transféré au Châtelet à Paris le 23 décembre 1523, puis jugé pour crime de lèse-majesté. Le Parlement de Paris le condamne à avoir la tête tranchée le 17 janvier 1525. Conduit à l’échafaud de la place de Grève, il est sur le point d’être exécuté lorsqu’un cavalier arrive au galop, porteur d’une lettre de grâce du roi.
La légende, rapportée par les chroniqueurs, attribue ce revirement spectaculaire à l’intervention de Diane de Poitiers. La jeune femme, alors âgée de 24 ou 25 ans, se serait jetée aux genoux de François Ier pour implorer la grâce de son père. Ivre de bonheur en descendant de l’échafaud, Jean de Poitiers aurait crié : « Dieu sauve le bon cul de ma fille qui m’a si bien sauvé ! » Cette anecdote, rapportée par plusieurs sources, illustre le climat de terreur et de soulagement qui entoure l’événement.
La grâce royale commue la peine de mort en emprisonnement à perpétuité. Jean de Poitiers est transféré au donjon de Loches où il contracte une fièvre violente qui prendra le nom de « fièvre de Saint-Vallier« . Le choc émotionnel de l’exécution évitée de justesse aurait, selon les témoignages, fait blanchir ses cheveux en une seule nuit. Il meurt prisonnier le 26 août 1539 au château de Pizançon, près de Valence.
L’Humiliation Architecturale : Les Tours Arasées
Mais la clémence royale a un prix symbolique. En signe de déchéance nobiliaire, François Ier ordonne l’arasement des tours du château de Saint-Vallier. Les maîtres d’œuvre reçoivent l’ordre de couper les tours au niveau des toitures principales, les privant de leur hauteur défensive et de leur allure martiale. Cette mutilation architecturale est rare dans l’histoire des châteaux français : elle constitue une marque d’infamie gravée dans la pierre, visible de tous, rappelant la trahison du seigneur des lieux.
Aujourd’hui encore, en observant attentivement la silhouette du château depuis les rives de la Galaure ou depuis les hauteurs de Tournon sur la rive ardéchoise du Rhône, on distingue cette cicatrice historique. Les tours ne dépassent pas la ligne de faîte des toits, témoignage silencieux d’un drame familial qui aurait pu coûter la vie à Jean de Poitiers et la ruine totale de sa lignée.
👑 Diane de Poitiers : L’Éclat d’une Favorite Dauphinoise
Une Enfance à Saint-Vallier (1500-1515)
Diane de Poitiers naît probablement au château de Saint-Vallier le 9 janvier 1500 (bien qu’Étoile-sur-Rhône revendique également ce privilège). Fille de Jean de Poitiers et de Jeanne de Batarnay, elle grandit dans un environnement privilégié, entre éducation humaniste et apprentissage des codes aristocratiques. Sa grand-mère paternelle, Marie de Valois, fille naturelle légitimée de Louis XI, lui transmet le sang royal qui marquera toute sa destinée.

Le château de Saint-Vallier constitue le premier horizon de Diane. C’est dans ses murs qu’elle apprend le latin, la littérature, la musique et l’équitation. Les forêts environnantes, giboyeuses, lui offrent l’occasion de développer sa passion pour la chasse, activité qui la caractérisera toute sa vie. À l’âge de quinze ans, en 1515, elle quitte Saint-Vallier pour rejoindre la cour de France où elle sera demoiselle d’honneur de la reine Claude, épouse de François Ier.
Le Mariage avec Louis de Brézé (1515)
Le 29 mars 1515, Diane épouse Louis de Brézé, Grand Sénéchal de Normandie, comte de Maulevrier, seigneur d’Anet. Le marié a 56 ans, Diane seulement 15. Cette union, arrangée selon les usages de l’époque, s’avère cependant respectueuse et fructueuse. Louis de Brézé, petit-fils de Charles VII et d’Agnès Sorel par sa mère, appartient à la haute noblesse du royaume.
De ce mariage naissent deux filles : Françoise de Brézé (1518-1574), qui épousera le duc de Bouillon, et Louise de Brézé (1521-1577), future duchesse d’Aumale. À la mort de Louis de Brézé en 1531, Diane, veuve à 31 ans, adopte ses célèbres couleurs de deuil : le noir et le blanc, qu’elle portera jusqu’à sa mort en 1566. Loin de se retirer du monde, elle gère ses vastes domaines avec une compétence reconnue, administrant notamment ses terres dauphinoises dont Saint-Vallier.
La Favorite d’Henri II (1547-1559)
La relation entre Diane de Poitiers et Henri, duc d’Orléans (futur Henri II), commence probablement vers 1533, lorsque le prince a 14 ans et Diane 33. Contrairement à une erreur fréquente, Diane ne fut jamais la favorite de François Ier, mais uniquement celle de son fils Henri II. Lorsque Henri monte sur le trône en 1547, Diane devient officiellement sa maîtresse attitrée, malgré l’existence de Catherine de Médicis, épouse légitime du roi.
Le roi offre à Diane le duché de Valentinois (1548), le faisant duchesse et comtesse de Saint-Vallier, renforçant ainsi ses liens avec ses terres d’origine dauphinoises. Il lui offre également le château de Chenonceau (1547), qu’elle embellit considérablement, et lui permet de faire reconstruire le château d’Anet (1547-1552) par l’architecte Philibert Delorme, créant ainsi un chef-d’œuvre de la Renaissance française.
Diane exerce une influence politique considérable. Intelligente, cultivée, bibliophile, elle conseille le roi sur les affaires du royaume, protège artistes et écrivains (Jean Goujon, Germain Pilon, Philibert Delorme), accumule terres et châteaux, constitue une fortune colossale. Son monogramme entrelacé avec celui du roi — le fameux croissant de Diane enlacé au H d’Henri — orne les monuments du royaume.
La Disgrâce et la Retraite (1559-1566)
Le 30 juin 1559, lors d’un tournoi organisé pour célébrer le mariage de sa fille Élisabeth avec Philippe II d’Espagne, Henri II est mortellement blessé. La lance de Gabriel de Montgommery se brise et un éclat de bois traverse la visière du roi, le blessant à l’œil. Henri II agonise pendant dix jours et meurt le 10 juillet 1559. Il portait les couleurs de Diane au moment de l’accident.
Catherine de Médicis, enfin libérée de la rivale qui l’a éclipsée pendant douze ans, reprend le pouvoir. Elle oblige Diane à restituer Chenonceau en échange du château de Chaumont-sur-Loire, moins prestigieux. Diane se retire dans ses domaines, notamment à Anet, où elle mène une vie retirée mais digne. Elle meurt le 25 avril 1566 à Anet, à l’âge de 66 ans.
Son lien avec Saint-Vallier, bien qu’elle n’y ait pas résidé de manière permanente à l’âge adulte, demeure indéfectible. Elle en porta le titre, en géra les revenus, et sa mémoire reste indissociablement liée au château qui la vit naître.
🌳 1584 : Les La Croix de Chevrières et Quatre Siècles de Continuité
L’Acquisition du Château (1584)
En 1584, Louise de Brézé, fille de Diane de Poitiers, vend le château de Saint-Vallier à Jean III de La Croix de Chevrières. Cette transaction marque le début d’une aventure patrimoniale extraordinaire : la famille La Croix de Chevrières possède encore aujourd’hui le château, assurant une continuité de plus de quatre siècles, fait rarissime dans l’histoire des demeures seigneuriales françaises.
Les La Croix de Chevrières appartiennent à la noblesse dauphinoise. Gentilshommes campagnards, magistrats au Parlement de Grenoble, diplomates, ils constituent une famille solidement enracinée dans la région. Jean de La Croix, arrière-grand-père de Jean-Baptiste (le futur évêque de Québec), fut avocat de talent, poète, puis président au Parlement de Grenoble avant de devenir, après son veuvage, évêque de Grenoble (1607-1619).
Les Transformations du XVIIe et XVIIIe Siècles
Les La Croix de Chevrières entreprennent d’importants travaux qui transforment progressivement la forteresse médiévale en demeure de plaisance. Le château conserve son plan carré et ses tours d’angle arasées, mais l’intérieur se raffi ne : boiseries, parquets, cheminées sculptées. Les douves sont comblées, offrant un accès plus aisé et moins martial à l’édifice.
En 1693, une orangerie est construite, témoignant du goût pour l’horticulture et les essences méditerranéennes alors en vogue dans l’aristocratie française. Mais c’est surtout la création des jardins à la française qui marque l’apogée de cette métamorphose.
Les Jardins à la Française : L’École de Le Nôtre
Les jardins de Saint-Vallier constituent un ensemble paysager remarquable, attribué à l’école d’André Le Nôtre (1613-1700), le célèbre jardinier de Louis XIV qui dessina les jardins de Versailles, Vaux-le-Vicomte, Chantilly et de nombreux autres domaines prestigieux. Bien que Le Nôtre lui-même ne se soit probablement pas déplacé à Saint-Vallier, ses disciples et élèves diffusèrent son art du jardin à la française dans toute la France.
Aménagés en terrasses successives, les jardins exploitent magistralement la topographie du site. Depuis le château, situé en position dominante, les parterres géométriques descendent harmonieusement vers la ville et la Galaure, créant des jeux de perspectives et de symétrie typiques de l’esthétique classique du Grand Siècle. Le système hydraulique, ingénieux, utilise la gravité pour alimenter fontaines et bassins, transformant la pente naturelle du terrain en atout paysager.
En 1752, de nouvelles terrasses sont ajoutées, enrichissant encore la composition d’ensemble. Les broderies de buis, les parterres fleuris, les allées rectilignes et les points de vue soigneusement calculés font de ce jardin bien plus qu’un simple écrin de verdure : c’est une œuvre d’art à part entière, un prolongement architectural de la demeure, où la nature est domptée et ordonnancée selon les principes de la raison classique.

Ces jardins sont classés aux Monuments Historiques avec le château par arrêté du 21 janvier 1944, reconnaissance de leur valeur patrimoniale exceptionnelle.
Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier (1653-1727)
Parmi les membres illustres de la famille La Croix de Chevrières, Jean-Baptiste occupe une place d’honneur. Né au château de Saint-Vallier le 14 novembre 1653, fils de Jean de La Croix de Chevrières et de Marie de Sayve, il bénéficie d’une éducation soignée au collège des Jésuites de Grenoble puis au séminaire Saint-Sulpice de Paris, où il obtient sa licence en théologie en 1672.
Ordonné prêtre en 1681, nommé aumônier ordinaire de Louis XIV en 1676, il refuse les évêchés de Tours et de Marseille pour accepter, en 1685, la charge de vicaire général puis de successeur de Mgr François de Laval dans le diocèse de Québec. Sacré évêque le 25 janvier 1688 à l’église Saint-Sulpice de Paris, il arrive à Québec le 31 juillet 1688, devenant le deuxième évêque de Québec et le seul à avoir effectué une visite pastorale en Acadie durant les deux premiers siècles de l’histoire du diocèse.
Son épiscopat, qui dure près de quarante ans (1688-1727), est marqué par un zèle pastoral intense mais aussi par de nombreux conflits. Homme austère et exigeant, il lutte contre l’ivrognerie, l’immoralité, le blasphème, interdit les bals et les fêtes, ce qui lui vaut de nombreux ennemis. Il se brouille successivement avec le gouverneur Frontenac (à propos de la représentation du Tartuffe de Molière), le chapitre de la cathédrale, les Récollets, les Jésuites et presque tout son diocèse.
Mais son bilan est considérable. Il fonde l’Hôpital Général de Québec en 1692, établissement qui existe encore aujourd’hui. Il crée le monastère des Ursulines de Trois-Rivières en 1697, fait construire le palais épiscopal (1693-1695), publie un Catéchisme du diocèse de Québec (1702) et un Rituel du diocèse de Québec (1703) qui marqueront durablement la vie religieuse québécoise. En 1704, pendant la guerre de Succession d’Espagne, il est capturé par la flotte anglaise et emprisonné en Angleterre jusqu’en 1713.
De retour à Québec en août 1713, il abandonne son palais épiscopal pour vivre humblement à l’Hôpital Général, distribuant sa fortune aux pauvres, vendant même ses souliers et son lit. Il meurt le 26 décembre 1727 à Québec, reconnu comme personnage historique national du Canada. Son souvenir honore la famille La Croix de Chevrières et, par extension, le château de Saint-Vallier d’où il était originaire.
🏛️ Architecture : De la Forteresse Médiévale à la Demeure Classique
Le Plan Carré et les Tours d’Angle
Le château de Saint-Vallier a conservé son plan architectural médiéval : un bâti principal quadrangulaire flanqué de quatre tours circulaires d’angle. Cette configuration, typique de l’architecture militaire du XIIe siècle, répondait à des impératifs défensifs : les tours permettaient le flanquement des courtines, assurant une défense active en cas d’attaque.
Aujourd’hui, seules trois tours sont visibles, la quatrième ayant peut-être été détruite ou intégrée au bâti ultérieur. Ces tours, arasées au niveau des toitures après le procès de Jean de Poitiers, présentent une silhouette caractéristique qui distingue le château de Saint-Vallier de tous les autres châteaux de la vallée du Rhône. Cette cicatrice architecturale, loin d’être un défaut, constitue sa marque identitaire, son signe distinctif visible depuis les deux rives du fleuve.
Les Transformations Renaissance et Classiques
Si l’ossature médiévale demeure, les transformations successives ont profondément modifié l’aspect intérieur et l’ornementation extérieure. À la Renaissance, sous l’influence de Diane de Poitiers, de larges croisées à meneaux sont percées dans les murs épais, inondant les pièces de lumière. Ces fenêtres, divisées verticalement par des meneaux (montants de pierre) et horizontalement par des traverses, constituent l’une des signatures architecturales de l’époque.
À l’intérieur, les plafonds à la française — plafonds où les solives et les poutres sont apparentes et souvent décorées — remplacent les voûtes médiévales. Les cheminées monumentales, ornées de sculptures et de blasons, marquent l’évolution du château d’une place forte austère vers une résidence aristocratique raffinée.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, sous l’impulsion des La Croix de Chevrières, le château s’orne de boiseries, de parquets, d’éléments décoratifs qui en font une demeure de plaisance. L’orangerie, construite en 1693, témoigne de l’attrait pour l’exotisme botanique et les plantes méditerranéennes.
Position Dominante et Visibilité
Le château occupe une position stratégique remarquable, légèrement surélevée au confluent du Rhône et de la Galaure. Depuis le XIIe siècle, il domine la ville de Saint-Vallier, servant de repère visuel immuable pour les habitants de la Drôme du Nord. Sa silhouette massive, bien que privée de la hauteur de ses tours originelles, demeure imposante.

Depuis la rive droite (ardéchoise) du Rhône, notamment depuis Tournon ou depuis les ponts enjambant la Galaure côté drômois, le château se détache nettement du tissu urbain environnant. Cette visibilité permanente en fait un élément constitutif du paysage de la vallée du Rhône, un point d’ancrage dans la géographie mentale des riverains.
❓ FAQ : Les Questions des Curieux
Peut-on visiter l’intérieur du château ?
Non, le château de Saint-Vallier est une propriété privée habitée et n’est généralement pas ouvert au public. La famille La Croix de Chevrières, qui en est propriétaire depuis 1584, y réside et protège jalousement son intimité. Cependant, lors des Journées Européennes du Patrimoine (troisième week-end de septembre), les jardins sont parfois exceptionnellement accessibles, offrant une occasion unique d’admirer l’architecture extérieure, les aménagements paysagers et de comprendre la composition d’ensemble du site.
Les visiteurs peuvent également contempler le château depuis l’espace public, notamment en remontant la rive gauche de la Galaure où une promenade publique offre de beaux points de vue sur l’édifice et ses jardins.
Diane de Poitiers a-t-elle vécu longtemps à Saint-Vallier ?
Diane de Poitiers passa son enfance et son adolescence à Saint-Vallier, du moins jusqu’à l’âge de quinze ans (1515), date de son mariage avec Louis de Brézé et de son départ pour la cour de France. Par la suite, elle y revint ponctuellement, notamment pour gérer les affaires de la seigneurie après la mort de son mari en 1531 et avant de devenir la favorite d’Henri II en 1547.
Cependant, une fois installée à la cour, Diane résida principalement dans ses châteaux d’Anet (Eure-et-Loir), de Chenonceau (Indre-et-Loire), et à Paris. Saint-Vallier demeura néanmoins un point d’ancrage symbolique et patrimonial important : elle en porta le titre de comtesse, en gera les revenus, et son attachement à ses terres dauphinoises ne se démentit jamais.
Pourquoi l’appelle-t-on parfois « Château de la Boisse » ?
« Château de la Boisse » est une appellation locale ancienne, liée probablement à l’un des fiefs ou quartiers anciens de Saint-Vallier, ou à un ancien propriétaire (au XIXe siècle, Honoré Laurent de Parisot de Durant de la Boisse racheta une partie des ruines du château des Poitiers à Étoile-sur-Rhône et restaura les bâtiments).
Cependant, cette appellation reste marginale et spécifique au contexte local. L’appellation « Château de Diane de Poitiers » ou « Château de Saint-Vallier » reste la plus universelle et la plus reconnue, en raison de la figure historique majeure qui lui est associée et de sa localisation dans la commune de Saint-Vallier.
Les jardins ont-ils vraiment été dessinés par Le Nôtre lui-même ?
Les jardins de Saint-Vallier sont attribués à « l’école de Le Nôtre » plutôt qu’à André Le Nôtre personnellement. Cela signifie qu’ils ont été conçus selon les principes esthétiques et techniques développés par Le Nôtre et diffusés par ses élèves et disciples à travers toute la France.
André Le Nôtre (1613-1700), jardinier du roi Louis XIV, a révolutionné l’art du jardin à la française avec ses créations à Vaux-le-Vicomte (1656-1661) et Versailles (à partir de 1662). Son style — perspectives rectilignes, parterres géométriques, jeux d’eau, terrasses — s’est imposé comme référence absolue. De nombreux paysagistes se sont formés auprès de lui ou se sont inspirés de ses réalisations pour créer des jardins « à la française » dans toute l’Europe.
Les jardins de Saint-Vallier, créés et enrichis aux XVIIe et XVIIIe siècles, reflètent parfaitement cette esthétique. L’attribution à « l’école de Le Nôtre » constitue une reconnaissance de leur qualité et de leur fidélité aux canons du jardin classique français.
Quelle est la relation entre Diane de Poitiers et Henri II ? Fut-elle la favorite de François Ier ?
Diane de Poitiers fut la favorite d’Henri II, et non de François Ier. Cette confusion, fréquente dans les sources secondaires, doit être catégoriquement corrigée.
Henri, duc d’Orléans (futur Henri II), rencontre probablement Diane vers 1533, lorsqu’il a environ 14 ans et elle 33. Leur relation débute dans ces années-là, bien avant l’accession d’Henri au trône en 1547. Lorsqu’Henri II devient roi, Diane exerce une influence politique, culturelle et personnelle considérable, éclipsant Catherine de Médicis, l’épouse légitime du roi.
François Ier, père d’Henri II, eut certes de nombreuses favorites (notamment Anne de Pisseleu, duchesse d’Étampes), mais Diane de Poitiers ne compta jamais parmi elles. La légende selon laquelle Diane aurait obtenu la grâce de son père Jean de Poitiers en devenant brièvement la maîtresse de François Ier est une invention romanesque sans fondement historique sérieux.
📖 Glossaire Patrimonial
Arasement : Action de démolir la partie supérieure d’un mur ou d’une tour, ramenant sa hauteur au niveau des murailles ou des toitures. Cette pratique était souvent effectuée comme punition royale ou militaire, symbolisant la déchéance d’un seigneur ou la mise hors d’état de défense d’une forteresse. L’arasement des tours de Saint-Vallier au début du XVIe siècle constitue un cas remarquable de cette pratique.
Croisée à meneaux : Fenêtre divisée verticalement par un meneau (montant de pierre ou de bois) et horizontalement par une traverse, créant ainsi une croix. Typique de l’architecture de la Renaissance, ce type de fenêtre permettait de grandes ouvertures tout en conservant la solidité structurelle nécessaire au soutien des maçonneries. Les croisées à meneaux de Saint-Vallier témoignent de la transformation progressive de la forteresse en résidence d’agrément.
Jardin à la française : Style de jardin apparu en France au XVIIe siècle, caractérisé par la symétrie, les perspectives rectilignes, les parterres géométriques, les broderies de buis taillés, les bassins et fontaines, et une rigoureuse ordonnancement de la nature selon les principes de la raison classique. André Le Nôtre en fut le maître incontesté. Les jardins de Saint-Vallier illustrent parfaitement cette esthétique.
Monument Historique : Protection juridique française instituée en 1887, visant à conserver le patrimoine architectural et mobilier national. Un édifice classé Monument Historique bénéficie d’une protection maximale : toute modification, restauration ou démolition nécessite l’autorisation du ministère de la Culture. Le château de Saint-Vallier et ses jardins ont été classés par arrêté du 21 janvier 1944.
Parterre : Partie plane d’un jardin, généralement ornée de massifs de fleurs, de broderies de buis ou de motifs géométriques dessinés avec des plantes de différentes couleurs. Dans un jardin à la française, les parterres constituent l’élément décoratif central, visible depuis les étages du château et créant un tableau paysager savamment composé.
Plafond à la française : Type de plafond où les solives et les poutres sont apparentes, souvent richement décorées de peintures, de sculptures ou de moulures. Contrairement aux plafonds voûtés médiévaux ou aux plafonds plats entièrement enduits, le plafond à la française valorise la structure en bois comme élément décoratif. Ce type de plafond se développe à la Renaissance et caractérise les intérieurs aristocratiques des XVIe et XVIIe siècles.
Poitiers-Valentinois : Branche de la puissante famille de Poitiers qui régna sur le comté de Valentinois et le comté de Diois avant leur rattachement progressif au Dauphiné puis au royaume de France. Sans lien avec la maison poitevine des comtes de Poitiers, cette famille tire probablement son nom du castrum de Peytieux près de Nyons. Diane de Poitiers appartient à cette lignée.
Transport du Dauphiné : Traité signé à Romans le 30 mars 1349 et confirmé à Lyon le 16 juillet 1349, par lequel Humbert II de Viennois, dernier dauphin indépendant, cède sa principauté au royaume de France moyennant 200 000 florins d’or et une rente annuelle de 4 000 florins. Le Dauphiné devient l’apanage du fils aîné du roi de France, qui porte désormais le titre de « Dauphin ». Saint-Vallier fait partie intégrante des terres ainsi transférées.
👑 Mini-Biographie : Diane de Poitiers (1500-1566)
Née probablement le 9 janvier 1500 au château de Saint-Vallier (bien qu’Étoile-sur-Rhône revendique également ce privilège), Diane de Poitiers incarne l’une des figures féminines les plus fascinantes et controversées de la Renaissance française. Issue de la haute noblesse dauphinoise, petite-fille de Marie de Valois (fille naturelle légitimée de Louis XI), elle grandit dans un environnement cultivé où l’humanisme se mêle aux traditions chevaleresques.
Mariée à quinze ans au Grand Sénéchal de Normandie Louis de Brézé, de quarante et un ans son aîné, elle devient veuve à trente et un ans et adopte ses célèbres couleurs de deuil : le noir et le blanc. Gestionnaire avisée, elle administre ses vastes domaines avec une compétence reconnue, accumulant terres, châteaux et revenus considérables.
Sa relation avec Henri, duc d’Orléans (futur Henri II), débute vers 1533 lorsque le prince a quatorze ans et Diane trente-trois. Lorsqu’Henri devient roi en 1547, Diane exerce une influence politique, culturelle et économique considérable. Henri lui offre le duché de Valentinois (1548), le château de Chenonceau (1547), lui permet de faire construire le château d’Anet par Philibert Delorme (1547-1552), et consulte ses avis sur les affaires du royaume.
Femme de goût exquis, Diane protège artistes et écrivains. Jean Goujon sculpte pour elle la célèbre Diane chasseresse (aujourd’hui au Louvre), Germain Pilon crée les Trois Grâces qui ornent le monument funéraire d’Henri II. Son monogramme — le croissant de Diane enlacé au H du roi — orne les monuments du royaume.
La mort tragique d’Henri II lors d’un tournoi le 10 juillet 1559 marque la fin de sa puissance. Catherine de Médicis, enfin libérée de sa rivale, l’oblige à restituer Chenonceau en échange de Chaumont-sur-Loire. Diane se retire dans ses domaines, notamment à Anet, où elle mène une vie digne mais retirée. Elle meurt le 25 avril 1566 à l’âge de soixante-six ans.
Sa beauté légendaire, entretenue par un régime quotidien rigoureux (bains froids, équitation, régime alimentaire strict, et consommation d’or potable censé éclaircir le teint mais qui provoqua la perte de ses dents), fascina ses contemporains. Christine de Pizan la décrit comme une femme « dont la beauté surpassait celle de toutes les princesses« .
En 2008, la découverte de ses ossements lors de fouilles à Anet permit des analyses scientifiques révélant des traces d’or dans ses os (250 fois la quantité normale), confirmant les récits sur son régime de beauté. Elle fut réinhumée avec pompe dans sa chapelle d’Anet en 2010, en présence de la princesse Marie-Christine de Kent, descendante directe de Diane de Poitiers et de Catherine de Médicis.

🏛️ L’Héritage Aujourd’hui : Un Joyau Privé au Cœur de la Cité
Une Continuité Patrimoniale Exceptionnelle
Aujourd’hui, le château de Saint-Vallier demeure un paradoxe fascinant. Visible de tous depuis les rues de la ville, les ponts sur la Galaure ou la rive ardéchoise du Rhône, il reste néanmoins un sanctuaire privé, jalousement gardé par la famille La Croix de Chevrières. Cette continuité familiale de plus de quatre siècles — fait rarissime dans l’histoire des châteaux français — a permis une préservation exceptionnelle de l’édifice et de sa mémoire.
Sa protection au titre des Monuments Historiques depuis le 21 janvier 1944 garantit la conservation de son architecture et de ses jardins. Tout projet de modification, de restauration ou d’entretien doit recevoir l’aval des Architectes des Bâtiments de France, assurant ainsi le respect du caractère historique de l’ensemble.
Saint-Vallier, Site Patrimonial Remarquable
En 2020, le ministère de la Culture a classé Saint-Vallier Site Patrimonial Remarquable, reconnaissant ainsi la richesse du patrimoine de la commune. Le bourg médiéval et ses extensions en faubourg bénéficient désormais d’une protection renforcée. Le château de Diane de Poitiers constitue évidemment l’un des éléments majeurs de ce patrimoine, aux côtés de l’église Saint-Valéry (XIIe-XVIIIe siècles) avec sa chapelle funéraire des Poitiers, des vestiges de remparts, de la halle aux grains et d’un tissu urbain ancien remarquablement préservé.
Cette reconnaissance s’accompagne de responsabilités : tout projet d’urbanisme dans le périmètre du Site Patrimonial Remarquable doit respecter les caractéristiques architecturales et paysagères qui fondent l’identité de Saint-Vallier. Le château, par sa position dominante, joue un rôle structurant dans cette identité visuelle.
Un Élément Vivant du Paysage Drômois
Le château de Saint-Vallier offre son spectacle à qui sait lever les yeux. Depuis la rive droite du Rhône (côté Ardèche), notamment depuis Tournon-sur-Rhône ou depuis les ponts enjambant la Galaure, sa masse imposante se détache du tissu urbain. Ses tours arasées racontent une France où le pouvoir se jouait autant dans les chambres royales que dans les forteresses de province, où une disgrace pouvait se lire dans la pierre autant que dans les chroniques.
Il incarne la mémoire d’une époque révolue tout en restant un élément vivant du paysage drômois. Repère visuel immuable pour les habitants de la vallée du Rhône, il rappelle la richesse historique et culturelle de la Drôme du Nord, terre de passage entre Lyon et le Midi, entre le Dauphiné et la vallée du Rhône, entre l’Ancien Régime et la modernité.
📚 Bibliographie & Sources
Ouvrages de référence sur Diane de Poitiers
- CLOULAS Ivan, Diane de Poitiers, Paris, Fayard, 1997, 579 p. (biographie de référence).
- SOLNON Jean-François, Catherine de Médicis, Paris, Perrin, 2003, 622 p. (contextualisation de la rivalité avec Diane).
- BOURGEON Jean-Louis, Les Amours légendaires. Diane de Poitiers et Henri II, Paris, Pygmalion, 2001.
Études sur le château et Saint-Vallier
- BOIS Michèle et BÉTHEMONT Jacques, Châteaux et maisons fortes de la Drôme, Valence, Éditions de la Taillanderie, 2004.
- CAIZE Albert, Histoire de Saint-Vallier, de son abbaye, de ses seigneurs et de ses habitants, 1867 (réédition moderne).
- Carte Patrimoine Drôme, notice « Le château à Saint-Vallier » : https://cartepatrimoine.ladrome.fr/notice-1318
Sources sur la famille de Poitiers-Valentinois
- Article Wikipédia (vérifié), « Maison de Poitiers-Valentinois » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Famille_de_Poitiers-Valentinois
- Article Wikipédia (vérifié), « Jean de Poitiers-Valentinois (noble) » : https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_de_Poitiers_(noble)
Sur Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier
- RAMBAUD Alfred, « La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, Jean-Baptiste de », Dictionnaire biographique du Canada, vol. II : https://www.biographi.ca/fr/bio/la_croix_de_chevrieres_de_saint_vallier_jean_baptiste_de_2F.html
- GOSSELIN Auguste, Mgr de Saint-Vallier et son temps, Évreux, Imprimerie de l’Eure, 1898, 159 p.
- Répertoire du patrimoine culturel du Québec, notice biographique : https://www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?id=8098
Sur le connétable de Bourbon et la trahison de 1523
- MIGNET François-Auguste, « Rivalité de Charles-Quint et de François Ier. Le Connétable de Bourbon », Revue des Deux Mondes, 1860, tome 25.
- Herodote.net, « 11 juillet 1523 – Le connétable de Bourbon trahit François Ier » : https://www.herodote.net/almanach-ID-2773.php
Documentation officielle
- Base Mérimée, Ministère de la Culture, « Château et ses jardins à la française » (PA00117062) : https://www.pop.culture.gouv.fr/notice/merimee/PA00117062
- Site officiel de la ville de Saint-Vallier : https://www.saintvallier.fr/decouvrir/histoire
- Office de Tourisme Ardèche Hermitage : https://www.autour-du-palais-ideal.fr/decouvrir/les-parcours-historiques/histoire-de-saint-vallier/
Sur les jardins à la française et André Le Nôtre
- Site « Parcs et Jardins en Région Centre », notice sur André Le Nôtre : https://www.jardins-de-france.com/nos-missions/inventaires/createurs-de-parcs-et-jardins/le-notre
🔗 Liens Utiles
Patrimoine et tourisme
- Office de Tourisme Porte de DrômArdèche : https://www.portedromardeche.fr
- Office de Tourisme Ardèche Hermitage : https://www.ardeche-hermitage.com
- Ville de Saint-Vallier : https://www.saintvallier.fr
- Carte Patrimoine Drôme : https://cartepatrimoine.ladrome.fr
Histoire et recherche
- Archives Départementales de la Drôme : https://archives.ladrome.fr
- Base Mérimée – Ministère de la Culture : https://www.pop.culture.gouv.fr
- Société d’Archéologie et de Statistique de la Drôme : http://www.sasdrome.fr
Diane de Poitiers et Renaissance
- Château d’Anet (résidence principale de Diane) : http://www.chateau-anet.fr
- Château de Chenonceau (offert par Henri II à Diane) : https://www.chenonceau.com
✍️ Note de l’Auteur (Appartenances.fr)
En explorant l’histoire du château de Saint-Vallier, j’ai été frappé par la densité exceptionnelle de son récit. Peu d’édifices concentrent autant de strates historiques : forteresse médiévale des dauphins, berceau d’une favorite royale, témoin d’un drame politique gravé dans la pierre, résidence transformée par quatre siècles de présence familiale ininterrompue.
Ce château illustre parfaitement la manière dont le patrimoine local s’inscrit dans la grande Histoire nationale. Les événements qui se déroulent à Paris, à la cour royale, dans les palais du pouvoir, trouvent leur écho dans nos terres dauphinoises. La disgrâce de Jean de Poitiers se lit encore aujourd’hui dans les tours arasées ; l’influence de Diane résonne dans le nom même du château ; l’action missionnaire de Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières relie Saint-Vallier au Québec à travers les siècles.
Aujourd’hui, le château demeure un paradoxe fascinant : visible de tous mais inaccessible, monument public mais propriété privée, mémoire collective mais domicile familial. Cette tension créatrice entre ouverture et fermeture, entre passé et présent, entre local et national, fait toute la richesse de ce patrimoine exceptionnel.
Puisse cet article contribuer à faire connaître et aimer ce joyau de la Drôme du Nord, sentinelle de pierre qui, du haut de Saint-Vallier, veille sur la vallée du Rhône depuis près de mille ans.
Jean-Baptiste, pour Appartenances.fr
Chroniques du patrimoine de la Drôme du Nord et du Dauphiné
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