📍 Patrimoine Dauphiné · Drôme du Nord · Histoire des guerres de Religion · par Jean-Baptiste Mesona
Le baron des Adrets : terreur protestante en Dauphiné 1562
Entre avril 1562 et janvier 1563, un seul homme a suffi à transformer la vallée du Rhône et le nord Dauphiné en champ de ruines. Son nom : François de Beaumont, baron des Adrets. En dix mois à peine, ce capitaine dauphinois a pillé Valence, brûlé la Grande Chartreuse, ravagé Romans-sur-Isère et semé la terreur d’Annonay à Grenoble. Une épopée sinistre dont les traces demeurent gravées dans la pierre et la mémoire collective de notre région.
En Résumé
François de Beaumont, baron des Adrets (né vers 1512-1513 – mort le 2 février 1587), est un capitaine dauphinois des guerres de Religion en France. Sans conviction religieuse profonde, il rallie le camp protestant en avril 1562 après le massacre de Wassy (1er mars 1562) et mène en dix mois une campagne dévastatrice dans le Dauphiné, la vallée du Rhône et la Provence. Il prend Valence le 27 avril 1562, entre dans Lyon le 5 mai, pille Grenoble, brûle la Grande Chartreuse (5 juin 1562) et massacre plusieurs centaines de personnes à Montbrison (14 juillet 1562). Ses atrocités — dites « sauteries » — lui valent la réprobation de Calvin lui-même (lettre du 13 mai 1562). Arrêté par ses propres lieutenants à Romans en janvier 1563, libéré par l’Édit d’Amboise (19 mars 1563), il abandonne le protestantisme et rejoint le camp catholique vers 1564. Suspect aux deux partis, il se retire dans son château de la Frette (Isère) et y meurt en 1587. Sa campagne constitue un traumatisme fondateur pour le patrimoine religieux et la mémoire collective du Dauphiné et de la Drôme du Nord.
📌 Les points clés à retenir
- Né vers 1512-1513 en Dauphiné — mort le 2 février 1587 au château de La Frette (Isère)
- Campagne protestante : avril 1562 – janvier 1563 (10 mois seulement)
- 8 000 hommes pris en main à Valence le 27 avril 1562
- Villes dévastées : Valence, Lyon, Grenoble, Vienne, Romans-sur-Isère, Montbrison, Annonay…
- La Grande Chartreuse brûlée le 5 juin 1562
- Entre 300 et 800 victimes au massacre de Montbrison (14 juillet 1562)
- Condamné par Calvin dans une lettre datée du 13 mai 1562
- 73 000 protestants en Dauphiné sous l’Édit de Nantes, dont 40 000 dans la seule vallée de la Drôme (source : Musée protestant)
- Édit d’Amboise signé le 19 mars 1563 : fin de la première guerre de Religion
🗺️ Qui était vraiment le baron des Adrets ?
Pour comprendre la brutalité de la campagne de 1562, il faut d’abord saisir la nature profonde de l’homme. François de Beaumont n’est pas un fanatique religieux. C’est avant tout un soldat frustré, un gentilhomme dauphinois que le roi a blessé dans son honneur.
Un militaire d’Italie converti par rancœur plus que par foi
De 1525 à 1558 environ, des Adrets guerroie en Italie sous les ordres du maréchal de Brissac, où il se distingue par sa bravoure. En 1558, il est fait prisonnier à Moncalvo par les Espagnols et doit payer une rançon considérable pour se libérer. Lorsqu’il tente d’obtenir réparation auprès du roi, celui-ci la lui refuse. La blessure est profonde. Quand les guerres de Religion éclatent en 1562, des Adrets ne choisit pas le camp protestant par conviction théologique : il choisit le camp du ressentiment.
Ses contemporains l’ont bien cerné. Bien qu’il soit sans conviction religieuse affirmée, c’est pour la cause des Réformés qu’il va démontrer des capacités militaires exceptionnelles, alliées à une cruauté restée légendaire (source : aouste-a-coeur.fr). L’amiral de Coligny lui-même, chef suprême des protestants, ne l’appellera plus que le « Lion déchaîné ». Calvin le réprimande. Condé finit par le destituer. Même ses partisans n’en peuvent plus.
« Tel était le baron des Adrets, dont l’inhumanité fit tant de honte à l’amiral de Coligni, qu’il ne l’appela plus que le Lion déchaîné. »
— Père Justin, chroniqueur contemporain
⚔️ Quelle étincelle a mis le feu au Dauphiné en mars 1562 ?
La première guerre de Religion française éclate le 1er mars 1562, avec le massacre de Wassy (Haute-Marne), où le duc de Guise fait tuer une centaine de protestants assemblés pour le culte. L’attaque fait une cinquantaine de morts et plus de 150 blessés (source : Musée protestant). Pour les huguenots, c’est la déclaration de guerre.
Le massacre de Wassy : point de départ d’une guerre civile de 36 ans
En 1562, le protestantisme est à son apogée en France, avec environ 10 % de la population convertie, soit environ 1,8 million de personnes sur 18 millions d’habitants (source : Wikipedia, Protestantisme en France). Le Dauphiné en est l’un des foyers les plus intenses : la région compte alors 73 000 protestants sous l’Édit de Nantes, dont 40 000 dans la seule vallée de la Drôme — soit quelque 8 % des huguenots du royaume (source : Musée protestant, Le protestantisme en Dauphiné).
La Réforme s’est implantée dans la région grâce notamment à Guillaume Farel (1489-1565), enfant du pays, grand ami de Calvin. Dès 1523, des prédicateurs prêchent les idées luthériennes à Grenoble. Le terrain est donc mûr lorsque la guerre éclate. Le Dauphiné bascule en quelques semaines.
Valence, base d’opérations : 8 000 hommes sur le Rhône le 27 avril 1562
Après les défaites protestantes à Cahors, Amiens et Sens, des Adrets prend le commandement des troupes réformées en Provence. Il entre à Valence le 27 avril 1562 à la tête de 8 000 hommes (source : aam-loire.fr). La Motte-Gondrin, lieutenant-général du Dauphiné, est massacré et pendu à une fenêtre — premier acte de terreur d’une longue série.
Valence — à 44 km seulement au sud d’Albon — devient sa base stratégique pour la conquête du Dauphiné et de la vallée du Rhône. La région de Drôme du Nord, prise entre Vienne au nord et Valence au sud, se retrouve au cœur de ce corridor de feu.
🔥 La campagne de 1562 : quelles villes du Dauphiné ont brûlé ?
En dix mois à peine — d’avril 1562 à janvier 1563 — le baron des Adrets retourne la carte confessionnelle de toute la région. Son itinéraire est celui d’une tempête : rapide, dévastateur, et d’une violence que ses propres alliés ne sauraient justifier.
De Valence à Lyon : une chevauchée fulgurante contrôlant 200 km de la vallée du Rhône
Par des chevauchées fulgurantes, il pille et saccage Vif, déroute l’adversaire à Romans-sur-Isère, Vienne et Grenoble, où il pille la collégiale Saint-André et la cathédrale Notre-Dame. Le 5 juin 1562, il brûle le monastère de la Grande Chartreuse. Le 5 mai 1562, il entre victorieux dans Lyon (source : Wikipedia, François de Beaumont).

Lyon était, en 1562, la deuxième ville de France. Un tiers de sa population s’était converti au protestantisme (source : Wikipedia, Sac de Lyon 1562). Sa prise sans massacre — les destructions portent sur les édifices religieux — illustre la méthode des Adrets : terreur calculée pour financer la guerre en fondant les objets du culte catholique.
L’église de Beaumont-lès-Valence : 36 ans sans toiture après le passage des Adrets
À Beaumont-lès-Valence, commune du Colloque de Vienne toute proche de la capitale drômoise, le bilan est éloquent. Le bâtiment avait déjà été mis à sac et pillé trois années consécutives de 1559 à 1561. Le 25 avril 1562, le baron des Adrets et ses troupes ravagent l’église et l’incendient. Elle demeure 36 ans sans toiture (source : Wikipedia, Beaumont-lès-Valence). Une première restauration sommaire n’intervient qu’en 1598, à la suite de la promulgation de l’Édit de Nantes. L’édifice, aujourd’hui classé, est devenu une « église-temple » — partagée entre catholiques et protestants selon le principe du simultaneum depuis 1806 — témoignage vivant de cette histoire déchirée.
Annonay et le nord Dauphiné : un corridor de violence entre Vienne et Valence
Annonay — ville protestante sur la rive ardéchoise du Rhône, en vis-à-vis d’Albon — est elle aussi dans l’orbite des Adrets. Il s’empare également de Montélimar et d’Annonay (source : Musée militaire de Lyon). La région d’Albon et de Saint-Rambert-d’Albon se trouve littéralement au cœur de ce corridor confessionnel. Trois vagues d’iconoclasme touchent le Dauphiné en 1560, 1562 et 1567, notamment dans une dizaine de villes de la province (source : Musée protestant, Le protestantisme en Dauphiné).
À Valence, deux vagues de destruction touchent les édifices catholiques en 1562 et en 1567, à l’issue desquelles toutes les églises sont incendiées, y compris la cathédrale. Le passage incessant des troupes ruine l’économie de la ville et provoque la fuite d’une partie importante de ses habitants (source : VPAH Auvergne-Rhône-Alpes).
💀 Qu’est-ce que la « sauterie » : l’atrocité qui a marqué l’histoire ?
Parmi les nombreuses violences de cette période, une pratique particulière a traversé les siècles et fait entrer le nom des Adrets dans la mémoire collective avec une réputation d’infamie durable.
La sauterie de Montbrison : entre 300 et 800 victimes le 14 juillet 1562
La méthode est simple dans son horreur : les garnisons vaincues sont forcées de sauter du haut des remparts sur des piques. Cette pratique, vite popularisée sous le nom de « sauterie », fut appliquée assez systématiquement à la population des villes prises par le baron et ses lieutenants, notamment à Romans-sur-Isère, Pierrelatte, Mornas et Saint-Marcellin (source : Wikipedia, François de Beaumont). Elle est mentionnée à plusieurs reprises par le poète et chroniqueur Agrippa d’Aubigné (1552-1630), témoin majeur des guerres de Religion.
À Montbrison, chef-lieu du Forez, prise le 14 juillet 1562, le pillage tourne au massacre, faisant entre 300 et 800 victimes selon les sources (source : aam-loire.fr). Dans son château de Montrond voisin, des Adrets jette le curé du haut du clocher après lui avoir reproché sa lenteur à apporter les vases sacrés. Il pille l’église. Ces détails, rapportés par les chroniqueurs contemporains, ont contribué à construire la « légende noire » du baron.
Une terreur si grande que même Avignon se prépare au pire
L’historien contemporain Jacques-Auguste de Thou témoigne que « l’épouvante et la frayeur que son arrivée causait dans le pays étaient si grandes, que même la ville d’Avignon craignait et se préparait à soutenir un siège ». La terreur psychologique est une arme à part entière dans l’arsenal des Adrets : les garnisons se rendent souvent sans combattre, simplement à la réputation de l’homme.
✉️ Pourquoi Calvin condamne-t-il le baron des Adrets dès mai 1562 ?
La violence des Adrets dépasse rapidement les limites acceptables — même pour le camp qui le mandate. C’est l’un des épisodes les plus révélateurs du caractère incontrôlable du personnage.
La lettre de Calvin du 13 mai 1562 : un « horrible scandale » pour la Réforme
Dans une lettre adressée le 13 mai 1562 au baron des Adrets, Jean Calvin réprouve les profanations et les vols commis à Lyon par la soldatesque protestante, et invite son correspondant à mettre un terme à de tels abus. Calvin condamne catégoriquement ces pratiques comme un « horrible scandale » propre à discréditer la Réforme voire à la faire haïr (source : Wikipedia, Sac de Lyon par les calvinistes en 1562). Le 17 juillet 1562, le baron des Adrets est remplacé à Lyon par Jean V de Parthenay, prince de Soubise, un réformé plus modéré. Les violences cessent immédiatement.
Ce remplacement révèle la position impossible des Adrets : trop violent pour les siens, trop ambigu pour les catholiques. Il sera arrêté pour trahison en 1563 par les protestants, et en 1570 par les catholiques, puis libéré à chaque fois, restant suspect aux deux partis (source : Larousse).
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🔄 Pourquoi des Adrets a-t-il trahi les deux camps successivement ?
La trajectoire du baron des Adrets est celle d’un homme qui n’appartient à aucun camp — ni par conviction, ni finalement par intérêt. Elle illustre la complexité des guerres de Religion, où l’opportunisme côtoie la foi sincère.
L’arrestation de Romans (janvier 1563) : destitué par le prince de Condé
Soupçonné de double jeu et de défection, des Adrets est destitué par le prince de Condé et arrêté à Romans en janvier 1563 par ses propres lieutenants, puis enfermé à Nîmes (source : aouste-a-coeur.fr). L’Édit de pacification d’Amboise, signé le 19 mars 1563, provoque son élargissement. Cet édit, négocié entre Louis de Condé et le connétable Anne de Montmorency, reconnaît la liberté de conscience mais établit une discrimination sociale qui allait progressivement éloigner le peuple du protestantisme (source : Musée protestant).
Un retrait sans gloire au château de La Frette : mort le 2 février 1587
Le baron quitte alors la religion protestante et revient au catholicisme. En 1567, il repart en guerre sous la bannière catholique. Mais De Gordes, lieutenant-général du Dauphiné, le fait arrêter en juin 1570 et enfermer à Lyon au château Pierre Scize. Libéré en janvier 1571, il se présente devant le roi Charles IX pour se justifier. Il se retire définitivement dans son château de La Frette, où il emploie son humeur belliqueuse à faire des procès contre des membres de sa famille, sa belle-mère et sa belle-sœur pour l’héritage de son beau-père (source : Wikipedia, François de Beaumont). Il meurt le 2 février 1587 dans son lit. On ignore encore le lieu de sa sépulture.
🏛️ Quel héritage patrimonial subsiste aujourd’hui en Drôme du Nord ?
Le passage des Adrets n’est pas qu’une page d’histoire : il a physiquement reconfiguré le paysage religieux et patrimonial du Dauphiné, et ses traces sont encore lisibles dans la pierre de nos villages.
Trois monuments dauphinois directement marqués par la campagne de 1562
| Site | Événement de 1562 | État actuel |
|---|---|---|
| Église-temple de Beaumont-lès-Valence | Incendiée le 25 avril 1562 ; sans toiture 36 ans | Classée MH ; simultaneum catholique-protestant depuis 1806 |
| Grande Chartreuse (Isère) | Pillée et brûlée le 5 juin 1562 | Reconstruite ; monastère cistercien actif |
| Cathédrale Saint-Apollinaire de Valence | Dévastée en 1562 et 1567 | Classée MH ; restaurée au XVIIe siècle |
La mémoire de la campagne des Adrets imprègne également l’identité confessionnelle de toute la Drôme. Le Dauphiné a longtemps été l’un des bastions du protestantisme français : au XIXe siècle, la Drôme était encore le quatrième département le plus protestant de France.
Les guerres de Religion : 36 ans de conflits, 8 guerres, et un patrimoine durablement fragilisé
La campagne des Adrets s’inscrit dans la première des huit guerres de Religion (1562-1598), un cycle de 36 ans de conflits civils qui a profondément marqué l’histoire de France. La période des guerres de Religion voit une stagnation, voire une régression économique et démographique, laissant à Henri IV un royaume à reconstruire (source : Musée protestant, Les huit guerres de religion). Pour le patrimoine bâti du Dauphiné, les destructions de 1562 et des années suivantes ont effacé des pans entiers de l’art roman et gothique régional, dont certains ne seront jamais reconstruits.
❓ Questions fréquentes sur le baron des Adrets et le Dauphiné
Le baron des Adrets était-il vraiment protestant ?
Non au sens profond du terme. Les historiens s’accordent à dire qu’il était sans conviction religieuse affirmée. Sa conversion au protestantisme relevait davantage du ressentiment personnel envers le roi et de l’opportunisme militaire que d’une adhésion sincère à la Réforme. Calvin lui-même s’en est distancié publiquement dès mai 1562.
Quelle est la différence entre la « sauterie » et un massacre ordinaire ?
La « sauterie » désigne spécifiquement la pratique consistant à forcer les vaincus à sauter du haut des remparts, des tours ou des clochers sur des piques ou dans le vide. Cette méthode, répétée dans plusieurs villes (Romans, Pierrelatte, Mornas, Saint-Marcellin, Montbrison), est devenue un symbole particulier de la cruauté des Adrets et a été immortalisée par Agrippa d’Aubigné dans ses Tragiques (1616).
Le baron des Adrets est-il passé par Albon ou Saint-Rambert-d’Albon ?
Aucune source historique publiée ne mentionne de passage direct dans ces deux communes. En revanche, son corridor de campagne longe exactement la vallée du Rhône entre Vienne et Valence — axe dans lequel Albon et Saint-Rambert-d’Albon s’inscrivent pleinement. Les effets indirects (réquisitions, passages de troupes, conversions forcées) ont certainement touché les populations de la rive gauche du Rhône dans ce secteur.
Quel est le bilan patrimonial de la campagne de 1562 en Dauphiné ?
Trois vagues d’iconoclasme touchent le Dauphiné en 1560, 1562 et 1567. À Valence, toutes les églises sont incendiées lors des vagues de 1562 et 1567, y compris la cathédrale. La Grande Chartreuse est pillée et brûlée le 5 juin 1562. L’église de Beaumont-lès-Valence reste sans toiture 36 ans. La destruction systématique des objets du culte catholique a effacé un patrimoine liturgique médiéval en grande partie irremplaçable.
Qu’est-ce que l’Édit d’Amboise de 1563 ?
Signé le 19 mars 1563, l’Édit de pacification d’Amboise met fin à la première guerre de Religion. Il reconnaît la liberté de conscience des protestants mais leur accorde des droits cultuels plus restreints que l’Édit de janvier 1562. Il établit notamment une discrimination sociale : le culte réformé n’est autorisé que dans les châteaux et dans les faubourgs d’une seule ville par baillage pour les gens « ordinaires » (source : Musée protestant).

📖 Glossaire : comprendre le contexte des guerres de Religion
Colloque de Vienne
Subdivision ecclésiastique du Dauphiné protestant regroupant les consistoires du nord de la province, dont Beaumont-lès-Valence, Romans et Pizançon. Ce colloque couvre géographiquement le nord de la Drôme, incluant la zone d’Albon et Saint-Rambert.
Condottiere
Chef de guerre mercenaire ou semi-mercenaire, originellement italien, qui vend ses services militaires au plus offrant. Le terme s’applique ici à des Adrets dont les motivations étaient davantage personnelles que confessionnelles.
Édit de Nantes (30 avril 1598)
Édit promulgué par Henri IV mettant fin aux guerres de Religion. Il accorde aux protestants la liberté de conscience et certains droits cultuels. Il sera révoqué par Louis XIV le 18 octobre 1685 (Édit de Fontainebleau), provoquant l’exode de 200 000 à 300 000 huguenots hors de France.
Huguenot
Surnom donné aux protestants français calvinistes au XVIe siècle. L’étymologie reste débattue. En 1562, ils représentaient environ 10 % de la population française (source : Wikipedia).
Iconoclasme
Destruction volontaire des images et objets du culte. Les protestants calvinistes rejettent le culte des images, considéré comme une idolâtrie. Les « briseurs d’images » ont détruit un patrimoine médiéval considérable dans toute la France entre 1560 et 1570.
Sauterie
Terme spécifique à la campagne des Adrets désignant l’exécution de prisonniers forcés de sauter du haut des remparts ou des clochers. Mentionnée par Agrippa d’Aubigné et plusieurs chroniqueurs du XVIe siècle.
Simultaneum
Principe juridique permettant à deux confessions de partager le même édifice cultuel à des heures différentes. Appliqué à Beaumont-lès-Valence depuis 1806, il est l’un des rares exemples conservés en France.
🧑💼 À propos de l’auteur : Jean-Baptiste Mesona
Jean-Baptiste Mesona est consultant culturel, conseiller en art et spécialiste de la communication patrimoniale. Fondateur de Calliope Services (2013) et directeur d’ArtNova.Gallery, il est établi à Saint-Rambert-d’Albon (Drôme), au cœur du territoire qu’il explore et valorise. Auteur de La Ruée vers l’Art, Galerie Saladin et Les Cris d’Orfraie, il anime le site appartenances.fr, dédié à l’art et au patrimoine en Drôme du Nord et Dauphiné.
📧 jeanbaptistemesona@calliopeservices.fr · 📞 07 72 39 52 08 · 🌐 www.jeanbaptistemesona.com
🔗 Liens utiles pour approfondir
- Musée protestant — Le protestantisme en Dauphiné
- Musée protestant — Première guerre de Religion (1562-1563)
- Wikipedia — François de Beaumont, baron des Adrets
- Larousse Encyclopédie — Baron des Adrets
- Musée militaire de Lyon — Le baron des Adrets
- VPAH Auvergne-Rhône-Alpes — Guerres de Religion à Valence
- Appartenances.fr — Art et Patrimoine en Drôme du Nord et Dauphiné
📚 Bibliographie et sources vérifiées
- Eugène Arnaud, Histoire des protestants du Dauphiné aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, 3 vol., Grassart, Paris, 1875 (disponible sur Internet Archive).
- Pierre de Vaissière, Le Baron des Adrets, Firmint-Didot et Cie, Paris, s.d.
- J.C. Martin, Histoire militaire et politique de François de Beaumont, baron des Adrets, Grenoble, 1803.
- Gilbert Dalet, L’étrange figure du baron des Adrets, FeniXX réédition numérique, 1982.
- Pierre Bolle, Protestants en Dauphiné – L’ouverture de la Réforme, Éditions le Dauphiné libéré, 2001.
- Arlette Jouanna, Histoire et dictionnaire des guerres de religion, Robert Laffont, 1998.
- Nicolas Le Roux, Les Guerres de religion 1559-1629, Belin, 2009.
- Janine Garrisson, Les protestants au XVIe siècle, Fayard, 1997.
- Musée protestant (museeprotestant.org) — notices en ligne sur le Dauphiné, la première guerre de Religion et les huit guerres de Religion.
- Wikipedia, article « François de Beaumont » (mis à jour décembre 2025).
- VPAH Auvergne-Rhône-Alpes — dossier pédagogique sur les guerres de Religion à Valence.
⚖️ Quel cadre juridique protège ce patrimoine historique aujourd’hui ?
Les édifices liés à l’histoire des guerres de Religion en Drôme et en Dauphiné bénéficient de plusieurs protections légales en France :
La loi du 31 décembre 1913 sur les monuments historiques (modifiée à plusieurs reprises) permet le classement ou l’inscription des édifices présentant un intérêt historique ou architectural suffisant. L’église-temple de Beaumont-lès-Valence, directement liée à l’histoire de la campagne des Adrets, est ainsi classée monument historique.
La loi du 9 décembre 1905 de séparation des Églises et de l’État a confié aux communes la propriété des édifices cultuels construits avant 1905. Les restaurations sont financées par les collectivités locales, l’État (DRAC), la Fondation du Patrimoine et des mécènes privés.
Le mécénat culturel (article 238 bis du CGI) permet aux entreprises de déduire 60 % de leurs dons à des organismes d’intérêt général œuvrant pour la conservation du patrimoine, dans la limite de 0,5 ‰ de leur chiffre d’affaires. Les particuliers bénéficient d’une réduction d’impôt de 66 % de leurs versements, dans la limite de 20 % du revenu imposable.
Ces dispositifs constituent un levier précieux pour la valorisation et la restauration des sites patrimoniaux liés aux guerres de Religion dans notre région.
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Jean-Baptiste Mesona vous conseille sur les stratégies de communication, de financement (mécénat, subventions DRAC) et de médiation culturelle.
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Article rédigé par Jean-Baptiste Mesona pour appartenances.fr · Art et Patrimoine en Drôme du Nord et Dauphiné
Sources vérifiées · Aucune invention · Dates et références systématiquement nommées
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